11PUISQU'ON EN PARLE A PROPOS DES LYCEES, JE VERSE AU DEBAT CETTE PROPOSITION DE REFORME POUR UN COLLEGE DE TOUTES LES REUSSITES

11PUISQU'ON EN PARLE A PROPOS DES LYCEES, JE VERSE AU DEBAT CETTE PROPOSITION DE REFORME  POUR UN COLLEGE DE TOUTES LES REUSSITES
S'il est bien sûr évident que tout commence à l'école primaire, voire à l'école maternelle, et s'il est vrai qu'il est essentiel de s'assurer que l'école primaire, lieu de socialisation, permet d'abord aux enfants d'acquérir les bases qui leur permettront d'entrer au collège en sachant vraiment lire et écrire, et en maîtrisant les quatre opérations, il n'en est pas moins vrai que, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, le collège ne permet absolument pas que les élèves y trouvent les moyens de faire fructifier leurs talents respectifs : les montages plus ou moins compliqués mis en place pour essayer de raccrocher au train de la scolarité les élèves en difficultés ne fonctionnent pas vraiment ; quant aux élèves qui ont la chance d'être dotés de capacités d'apprentissage supérieures à la moyenne, ils s'ennuient au collège et, parfois, gâchent de vraies promesses d'excellence décelées dès l'école primaire.

Depuis quelques années, une erreur de diagnostic a fait que les partisans d'une réforme du système se sont focalisés à tort sur le collège unique.
Vouloir en finir avec le collège unique part d'un bon constat : ça ne marche pas, mais vouloir en finir avec le collège unique, c'est se tromper de cible. En fait, la cible qu'une vraie réforme du collège devrait atteindre est plus petite. C'est le lieu où, les enseignants et les parents d'élèves le savent bien, la grande hétérogénéité des élèves joue son rôle déstabilisateur, condamnant certains élèves à une humiliation quotidienne et d'autres à cet ennui que j'évoquais plus haut.
Ce lieu, c'est la classe, cette construction arbitraire où, en début d'année - « rentrée des classes » - on fourgue 25 à 30 élèves qui sont condamnés à fonctionner ensemble jusqu'à la « sortie des classes », le choix de la composition des classes étant laissé à la discrétion du chef d'établissement ou de son adjoint. Parfois, l'intervention de parents d'élèves oblige à faire quelques ajustements mais on peut dire qu'à partir du 15 septembre les classes sont « opérationnelles » et rien, sauf une éventuelle exclusion d'un élève de l'établissement, ne viendra remettre en cause cette organisation, même si l'on constate de graves disfonctionnements.

Il y a les bonnes classes, celles dans lesquelles les disparités entre les élèves ne dépassent pas deux niveaux. On retrouve ainsi dans une classe de sixième des élèves qui savent parfaitement lire et écrire, qui ne font que quelques rares fautes d'orthographe, qui peuvent lire et commenter « Le journal d'Anne Frank », qui maîtrisent parfaitement les quatre opérations et des élèves qui n'en sont pas tout à fait là, qui lisent encore « Martine à la plage », qui ne maîtrisent pas bien la division ou la multiplication avec virgule. Si les élèves du second groupe ne sont pas trop nombreux, le professeur peut encore « gérer » la situation.
Mais il y a aussi, surtout, les « mauvaises classes », celles dans lesquelles il peut y avoir des disparités de quatre ou cinq niveaux : ces mêmes élèves parfaitement à l'aise évoqués plus haut, et des élèves qui ne savent ni lire ni écrire, ou qui écrivent en phonétique avec une faute à chaque mot ; des élèves qui savent peut-être faire une addition simple mais pour qui la soustraction est encore un mystère. Dans ces classes là, le professeur, quelle que soit sa bonne volonté et quelles que soient ses compétences, ne peut qu'être dépassé par les événements.

La question que l'on peut se poser est la suivante : pourquoi a-t-on conservé depuis plusieurs dizaines d'années une organisation du collège qui fonctionnait relativement bien jusque dans les années 60, c'est à dire jusqu'à la suppression de l'examen d'entrée en sixième (qui assurait une relative homogénéité aux classes de collège) mais qui a, depuis, fait la preuve de son inefficacité ? On peut se demander pourquoi, dans le souhait très louable de démocratiser l'enseignement secondaire, et plus particulièrement le collège, on n'a pas imaginé que cette ambition obligeait de repenser complètement son fonctionnement.

Les propositions qui vont suivre sont le fruit d'une réflexion personnelle entamée dès que j'ai commencé à enseigner au collège, en 1982, après une première expérience d'enseignement aux Etats-Unis entre 1965 et 1968, puis sept ans d'enseignement du Français auprès d'adolescents autistes et schizophrènes dans un hôpital de jour de la Guidance Infantile.


EN FINIR AVEC LA MISE EN CLASSES

Certains peuvent penser que la mise en classes des élèves est une réalité incontournable. Il n'en est rien et, avec un tout petit peu d'imagination, on peut très bien concevoir un collège dans lequel les élèves, au lieu d'être enrégimentés pour dix mois dans une classe, iraient tout au long de la semaine de cours en cours, chacun de ces cours pouvant rassembler des élèves différents en fonction d'un certain nombre de critères parmi lesquels celui de la capacité de suivre le cours serait incontournable. L'objectif recherché serait de ne jamais placer un élève devant un obstacle qu'il ne peut pas franchir.

UNE SEMAINE DE 18, 21, 24, 27 OU 30 HEURES OU LE COLLEGE EN 3, 4 OU 5 ANS

On le sait bien, tous les élèves n'ont pas les mêmes capacités d'apprentissage. Et à moins d'imaginer que l'on pourra un jour cloner les enfants, la meilleure école primaire du monde ne produira pas, à la sortie, des enfants parfaitement formatés, et c'est tant mieux ! Certains élèves apprennent vite et sans effort, d'autres sont beaucoup plus lents et leur apprentissage est plus laborieux.
Si elle veut donner à chacun ses chances de réussir, l'organisation du collège doit tenir compte de ces différences.

UN EMPLOI DU TEMPS INDIVIDUALISE

L'emploi du temps d'un élève serait élaboré à la rentrée en fonction de ses capacités (pré-requis) et de ses affinités. Chaque élève aurait ainsi un emploi du temps individualisé adapté à son rythme d'acquisitions. C'est pourquoi les élèves pourraient avoir des semaines plus ou moins chargées : les emplois du temps hebdomadaires les plus légers pourraient être de 18 heures de cours, les plus lourds de 27, voire 30 heures. La durée hebdomadaire pourrait également varier au cours de l'année, divisée en deux semestres. Un élève pourrait ainsi avoir 18 heures de cours au premier semestre, puis 21 ou 24 au deuxième semestre, s'il le souhaite et s'il en démontre les capacités.

Chaque cours, qui serait donc construit sur une base semestrielle, aurait une durée hebdomadaire de 3 heures, quelle que soit la discipline concernée. A la fin de chaque semestre, l'élève serait crédité de 3 unités correspondant à chaque cours, quel que soit le niveau du cours. Le Diplôme des Collèges serait attribué à l'élève quand il aurait acquis 180 unités de valeur, que cela soit en 3, 4 ou 5 ans.

Le redoublement éventuel ne pourrait concerner qu'un cours dans lequel l'élève n'a pas réussi. Cela devrait être exceptionnel puisque le choix des cours se ferait en fonction des capacités de l'élève. L'élève pourrait avoir le choix entre le redoublement d'un cours et l'inscription à un autre cours dans la même discipline.

UNE NECESSITE ABSOLUE : LE TUTORAT

Un tel système ne pourrait fonctionner que si chaque élève disposait dans l'établissement d'un « tuteur » chargé de l'orienter dans le choix de ses cours et, tout au long de sa scolarité, de suivre son évolution.
Chaque enseignant du collège serait donc appelé à exercer son tutorat sur une douzaine d'élèves qu'il pourrait recevoir régulièrement, individuellement ou collectivement, avec ou sans les parents, pour faire le point.

EVITER L'HYPER SPECIALISATION

Il est évident que le choix des cours suivis par un élève devrait, sur l'ensemble de son passage au collège, recouvrir l'ensemble des domaines proposés : Français et littérature, sciences humaines, sciences naturelles, mathématiques et sciences physiques, langues étrangères, technologie, arts plastiques et éducation musicale, Education physique et sportive, voire de nouvelles disciplines que l'on pourrait introduire au collège pour élargir l'éventail des possibilités offertes aux élèves : photographie, informatique, théâtre, pratique d'instruments de musique, etc....
Il pourrait cependant être envisagé pour certains élèves qui présenteraient de fortes affinités avec un domaine particulier (la technologie ou les Arts plastiques par exemple) et une très faible affinité avec un autre domaine (les langues étrangères ou l'éducation musicale) de privilégier les matières qui permettent à l'élève en difficultés de réussir et donc de se construire une image positive. Sur les 180 unités de valeur exigibles pour le Diplôme des Collèges, un élève pourrait ainsi avoir obtenu 18 crédits en Français mais 24 en Mathématiques, ou l'inverse. Par contre, il ne pourrait pas avoir obtenu 60 crédits en Français et seulement 3 en Mathématiques. Il appartiendrait au tuteur de veiller à ce que le cursus de l'élève soit relativement équilibré. Une hyper spécialisation ne serait évidemment pas souhaitable.


LA FIN DES CONSEILS DE CLASSE

Les classes n'existant plus, les Conseils de classe n'auraient plus de raison d'être et pourraient être remplacés par des conseils pédagogiques semestriels au cours desquels les enseignants d'une même discipline pourraient faire le bilan du travail des élèves qu'ils auraient accueillis dans un de leurs cours et qui, au semestre suivant, seraient susceptibles d'avoir un nouvel enseignant.

NIVEAUX 100 – 200 – 300 et 400

Dans chaque discipline, les cours seraient classés par niveaux suivant leur difficulté et en fonction des pré-requis. La majorité des élèves entrant au collège seraient sans doute orientés vers des cours de niveau 100, mais certains, ceux que j'évoquais plus haut et qui s'ennuient au collège, pourraient être orientés, dès leur entrée au collège, vers des cours de niveau 200, voire 300. Parmi les élèves qui sont aujourd'hui en « cinquième », et qui accumulent les mauvaises notes, et qui finissent par baisser les bras, certains seraient orientés vers des cours de niveau 100 d'une discipline pour leur permettre de se mettre « à niveau » avant d'aborder les niveaux 200 ou 300 de cette même discipline. Un même élève pourrait ainsi se retrouver pendant un trimestre dans des cours de deux ou trois niveaux différents, suivant le niveau qu'il a acquis dans chacune des matières. Un élève de 12 ans, très doué en mathématiques, pourrait être en Math300 alors que ses difficultés en Français ne lui permettraient pas d'être dans un cours de niveau 200. Les cours réuniraient donc des élèves dont les âges pourraient être très divers. L'important étant que l'élève se trouve toujours dans un cours qui correspond à ses acquis et à ses capacités.

UNE REFORME QUI DEVRAIT PLAIRE A TOUT LE MONDE

Chaque fois qu'il a été question de faire une réforme du collège, il y a eu des oppositions, soit des enseignants, soit des parents d'élèves, soit des deux à la fois.
La réforme qui est proposée ici ne devrait logiquement soulever aucune opposition, bien au contraire.

Les parents d'élèves devraient se féliciter de voir se mettre en place une organisation qui tiendra enfin compte de la réalité individuelle de chaque enfant et qui lui proposera un parcours individualisé. Ainsi, les parents des élèves les plus doués verront que leurs enfants peuvent faire preuve, au collège, de tous leurs talents et ne sont plus retenus dans leur élan par un système qui tend à niveler par le bas.
Les parents des élèves qui entrent au collège avec de sérieux retards verront que les difficultés de leurs enfants sont prises en compte dès leur arrivée. Il en sera ainsi fini de ces enfants qui souffrent tout au long de leur scolarité, confrontés qu'ils sont à l'échec permanent, humiliés par la comparaison inévitable avec les élèves qui réussissent.

Quant aux enseignants, comment n'accueilleraient-ils pas avec enthousiasme un système dans lequel ils ne seront plus confrontés à l'hétérogénéité des classes ; un système dans lequel ils seront amenés à élaborer eux même le contenu de leurs cours en fonction de leurs propres affinités, tout en restant, bien sûr, dans le cadre des orientations définies au niveau national.
Comme les élèves, les enseignants pourraient, à partir d'un horaire plancher et dans le cadre d'une négociation au sein de l'équipe pédagogique, être amenés à définir la durée hebdomadaire de leur présence auprès des élèves, celle-ci pouvant varier de 15 heures à 21 heures.

Enfin, et ce n'est pas le moindre des arguments, cette réforme/refonte du collège ne demande pas de moyens financiers supplémentaires. Elle repose sur une simple réorganisation du fonctionnement : Mise en place d'une semaine d'orientation en début d'année permettant aux élèves entrant au collège de faire la connaissance de leur tuteur et, sur la base de tests d'évaluation qui pourraient avoir été faits en fin de CM2, (au lieu du début de la sixième), d'élaborer leur emploi du temps du premier semestre. Les autres élèves feront de même avec leur tuteur. Semaine d'orientation début février de l'année suivante pour élaborer les emplois de temps du deuxième semestre.

Même s'il en à parfois l'air, ce texte ne prétend pas proposer une refonte clefs en mains, de tous les collèges de France. Il a pour ambition de contribuer à un débat qui me semble avoir été lancé sur de mauvaises bases. Il propose une piste de réflexion qui n'a jamais été explorée, si ce n'est dans un document déjà intitulé « Pour un collège de toutes les réussites » que j'avais adressé en 1993 à Monsieur François Bayrou, alors Ministre de l'Education Nationale, quand il avait souhaité consulter les enseignants.

La réforme du collège est une urgence absolue. Il ne faut pas la rater !



Toulouse, le 22 septembre 2007

# Posté le samedi 27 décembre 2008 08:44

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:15

12BRAVO LES ENFANTS !

12BRAVO LES ENFANTS !
J'ai fait remonter ici un texte que j'avais écrit il y a quelques mois. On comprendra aisément pourquoi.

Aujourd'hui, 1er Mai 2008, fête du travail, est aussi le premier jour de ma retraite. Si je suis finalement plutôt heureux d'avoir été amené à prendre la décision, en octobre dernier, de mettre un terme à ma carrière d'enseignant un petit peu plus tôt que prévu - je comptais travailler jusqu'à 65 ans - je ne peux pas oublier les conditions dans lesquelles j'ai été amené à prendre la décision d'éviter le conflit avec ma hiérarchie plutôt que d'engager le combat, comme mon naturel, plutôt "sanguin" parait-il, m'y aurait poussé.
Ce qui restera le plus difficile à oublier, c'est l'attitude collective de ceux qui furent, hélas ! mes derniers "collègues". Combien j'aurais aimé conserver un autre souvenir, en quittant l'Education Nationale, que celui de cette dernière "équipe pédagogique" dont le silence assourdissant, expression sonore d'une lâcheté collective, somme des lâchetés individuelles, résonne encore à mes oreilles ! Comment accepter que des gens avec lesquels j'avais travaillé pendant deux ans aient pu, comme ils l'ont fait, cautionner par leur silence complice les insinuations ignobles d'un chef d'établissement en fin de carrière qui, comme me le disait une mère d'élève, était sans doute « jaloux » de mon dynamisme insolent et de ma popularité auprès de ceux qu'il considérait comme ses élèves ?
Là où, face à la calomnie qui frappait l'un des leurs, la simple solidarité de corps aurait dû les faire se lever comme un seul homme, mes "collègues" ont choisi de se taire et de courber l'échine devant une administration avec laquelle le conflit était ailleurs que sur le terrain où elle a voulu le porter. (voir l'article 325 à la page 65).
« Prof » de Français, mais historien de formation, l'attitude de mes "collègues" m'aura au moins permis de mieux comprendre comment, dans des circonstances certes différentes et parfois dramatiques, des enseignants ont pu être démis de leur fonction et interdits d'enseigner avec l'assentiment silencieux de leur « collègues » . Pour moi, la leçon de ces événements qui ont marqué la fin de ma carrière d'enseignant, carrière que j'ai exercée avec passion en essayant de donner le meilleur de moi-même aux enfants qui m'étaient confiés, c'est que la pire des tares de notre société, c'est la lâcheté ! On peut presque tout pardonner, sauf la lâcheté.

En comparaison, quelle émotion profonde et quelle gratitude m'ont inspiré les messages courageux de nombreux élèves, et parfois de leurs parents, qui m'ont assuré de leur soutien et de leur confiance ! Merci aux parents ; mais merci surtout aux enfants, car c'est le courage de ces «enfants » de douze ou treize ans qui m'a le plus ému et rassuré. Alors que leurs "éducateurs" adoptaient l'attitude que j'ai évoquée plus haut, des "petites" filles et des "petits" garçons osaient dire, y compris sur ce blog, c'est à dire publiquement, qu'ils ne pouvaient pas croire ce que l'on "racontait" sur moi.

Merci à vous, les enfants ! Grâce à vous, je garde l'espoir que cette humanité, dont le spectacle que nous donnent quotidiennement les médias n'est, hélas ! pas très rassurant, a un avenir autre que celui de la barbarie. Contre le souffle fétide de la rumeur, face à la lâcheté d'un groupe d'adultes, vous avez entretenu la flamme du courage ! Bravo ! Et merci !

PS : parce que je ne suis pas sûr qu'ils seraient à l'abris de représailles, je ne citerai pas ici les prénoms de ces enfants dont les parents peuvent vraiment être fiers. S'ils passent par ici, ils se reconnaîtront, comme se reconnaîtront, s'ils s'égarent sur ce blog, ces adultes dont j'aurais honte d'être le fils ou la fille.

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Extraits de "Chroniques de la haine ordinaire" de Pierre Desproges

Elle est sale, elle est glauque et grise, insidieuse et sournoise, d'autant plus meurtrière qu'elle est impalpable. On ne peut pas l'étrangler. Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l'anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C'est la rumeur.

La rumeur, c'est le glaive merdeux souillé de germes épidermiques que brandissent dans l'ombre les impuissants honteux. Elle se profile à peine au sortir des égouts pour vomir ses miasmes poisseux aux brouillards crépusculaires des hivers bronchiteux....Plus menteuse que la rumeur, tu meurs. Elle s'en fout, elle a éjaculé son venin répugnant jusque dans Orléans, où des hyènes anonymes susurraient naguère sans frémir que les femmes qui entraient dans certains magasins tenus par les juifs de la ville disparaissaient à tout jamais vers d'introuvables bordels orientaux. Et puis, comme le monstre du Loch Ness, la rumeur fait son rot et retourne à sa vase... Hier matin, j'ai bien cru la voir relever le groin.

# Posté le jeudi 01 mai 2008 10:43

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:15

13C'EST LA FAUTE A(*) BENTOLILA !Alain Bentolila est un linguiste français né le 21 avril 1949 en Algérie. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages concernant notamment l'illettrisme des jeunes adultes et l'apprentissage de la lecture et du langage chez l'enfant, il est professeur à l'université Paris Descartes.

13C'EST LA FAUTE A(*) BENTOLILA !Alain Bentolila est un linguiste français né le 21 avril 1949 en Algérie. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages concernant notamment l'illettrisme des jeunes adultes et l'apprentissage de la lecture et du langage chez l'enfant, il est professeur à l'université Paris Descartes.
(* ) Pour répondre aux quelques visiteurs plus attentifs que les autres (Sam par exemple) qui m'ont signalé la faute, je précise que, dans le français courant, c'est à dire correct, il faudrait dire "la faute de", mais j'ai voulu faire référence, pour ceux qui ont vu le film ou lu le livre, à la chanson que Gavroche chante en mourant dans "Les misérables", "Si j'suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau".

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Aux origines de cette affaire, il y a un désaccord profond sur la façon dont on devrait enseigner le français au niveau du collège : désaccord avec quelques collègues passé(e)s à la moulinette des IUFM, désaccord avec une inspectrice au regard fixé sur la ligne bleue des IUFM, désaccord avec un chef d'établissement qui ne pouvait pas tolérer que, dans son "régiment", il y eut un soldat qui ne gardât pas le petit doigt sur la couture du pantalon.

Pour ceux qui, en France ou dans l'un des pays francophones, n'ont pas suivi le débat entre ceux qui se considèrent comme les "modernes" et ceux que ces derniers considèrent comme des "conservateurs", il s'agit de savoir si, comme quelques "pédagogues" l'ont décidé au début des années 70, il convient aujourd'hui d'enseigner le français de façon "décloisonnée", c'est à dire sans identifier de façon formelle et sans séparer dans le temps les divers aspects de la langue qui sont étudiés. C'est l'enseignement dit "en séquences". Pour résumer, sans la caricaturer, la position des "modernes", je citerai cette phrase de "mon" inspectrice qui s'étonnait de voir la grammaire figurer dans l'emploi du temps de mes élèves : "Mais Monsieur Durand ! La grammaire, ça se rencontre au détour d'une phrase !"
Et bien non Madame l'inspectrice ! Quitte à passer pour un conservateur, j'ai toujours préféré que les élèves qui m'étaient confiés sachent, en arrivant en classe, si nous allions consacrer notre temps à la lecture, à l'orthographe, à l'acquisition de vocabulaire, à l'écriture créative ou à l'étude de la grammaire. C'est ce qu'on appelle l'enseignement "cloisonné". C'est celui que nous avons "subi" avec bonheur pendant des décennies.
Des études ont été faites en France comme au Canada ou en belgique, qui ont montré que l'enseignement "décloisonné" conduisait de nombreux élèves à la catastrophe. C'est en particulier le rapport rédigé par Alain Bentolila, et co-signé par l'écrivain Eric Orsena. Dans cette bataille dont les élèves sont les otages, j'ai choisi le camp de Bentolila. Si j'avais capitulé en rase campagne et accepté d'enseigner comme certain(e)s de mes collègues, rien ne serait arrivé et je ne serais pas en train de rédiger cet article. Mais, me direz-vous, "comment en est-on arrivé devant un tribunal correctionnel ? " Ca, pour le savoir, vous devrez revenir sur ce blog....

# Posté le jeudi 04 décembre 2008 12:11

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:15

14HOMOPHONES

14HOMOPHONES
Ils sont une des particularités les plus désagréables de la langue française : les homophones, c'est-à-dire des mots et ou des expressions qui se prononcent de la même façon mais qui ne s'écrivent pas de la même façon et qui n'ont pas du tout le même sens.

Beaucoup plus rares, voire inexistants
dans d'autres langues comme l'Anglais,
l'Espagnol ou l'Italien,
les homophones tendent aux collégiens
des pièges dans lesquels les moins attentifs
tombent la tête la première.

Une seule solution pour éviter ces pièges : réfléchir et se poser la bonne question !

Pour ne pas confondre

a et à, c'est-à-dire le verbe avoir et la préposition.

ou et , la conjonction et l'adverbe de lieu (ou pronom relatif)

et et est ou es la préposition et le verbe être.

la et l'a ou , l'article, le verbe avoir précédé du pronom personnel ou l'adverbe de lieu.

ses, ces, c'est, sais ou sait, l'adjectif possessif, l'adjectif démonstratif, le verbe être précédé du pronom démonstratif, ou le verbe savoir à l'une des trois personnes du singulier du présent.

se et ce, le pronom personnel réfléchi ou l'adjectif démonstratif.

ma , m'a et m'as, l'adjectif possessif ou le verbe avoir précédé du pronom personnel.

mon et m'ont, l'adjectif possessif ou le verbe avoir précédé du pronom personnel.

il suffit de se poser la bonne question.
Et ce n'est jamais une question à 1000 euros mais toujours une question très simple.

Alors ! Si tu ne connaissais pas les "bonnes" questions, les voici !

Pour a et à : est-ce qu'on peut remplacer par avait ? Si on peut, c'est que c'est a, si on ne peut pas, c'est que c'est à.

Pour ou et : est-ce qu'on peut remplacer par ou bien ? Si on peut, c'est ou, si on ne peut pas, c'est .

Pour et et est, est-ce qu'on peut remplacer par était, Si on peut c'est est, si on ne peut pas, c'est et.

Pour l'a, la [article]ou là [adverbe]: est ce qu'on peut remplacer par l'avait ? Si on peut, c'est l'a, si on ne peut pas, c'est ou la. Est-ce qu'on peut remplacer par ici ? Si on peut c'est , si on ne peut pas, c'est la.
Exemple : Il l'a mise où était la précédente.

Pour ces, c'est, sais ou sait ou ses. Première question, est-ce qu'on peut remplacer par savait ? Si on peut, c'est sait, si on ne peut pas, ce n'est ni sais, ni sait.
Est-ce qu'on remplacer pas c'était : alors c'est c'est.
Est-ce qu'on peut remplacer pas mes ou tes, alors c'est ses.
Exemple : Tu sais que c'est sur ses conseils qu'il s'est engagé dans l'armée.

Pour ma ou m'a ou m'as, est-ce qu'on peut remplacer par m'avait ? Alors c'est m'a ou m'as!
Exemples : Voilà le livre que François m'a donné. Tu m'as parlé de ma soeur.

Pour mon et m'ont, est-ce qu'on peut remplacer par m'avaient ? alors c'est m'ont.
Exemple : Ils m'ont rendu mon honneur.

# Posté le dimanche 11 février 2007 08:34

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:16

15TOUT - TOUTE - TOUS - TOUTES

15TOUT - TOUTE -  TOUS - TOUTES
Trois images des ces deux tours qui furent, en 2001, la cible principale de terroristes fondamentalistes musulmans qui, en les détruisant, voulaient exprimer leur haine meurtrière à l'égard du mode de vie qu'elles symbolisaient.

Un blog consacré à cet événement qui a changé le cours de l'histoire : Mémorial du 11 septembre

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Encore une homophonie qui est source de grandes confusions. Quand tu entends le son "tou", tu te demandes parfois de quel "tou" il s'agit. En effet, tu as le choix !

Le mot tout peut être :

Un adjectif indéfini quand il se rapporte à un nom auquel il s'accorde en genre et en nombre.
Exemples : Tout l'orchestre s'est levé. Tous les musiciens se sont levés. Toutes les chanteuses se sont levées.

Un pronom indéfini quand il remplace un nom. Au pluriel, il devient tous ou toutes.

Exemples : Tout devait être terminé à vingt heures. Tous veulent assister au concert. Ces chansons, je les connais toutes.

Dans ces deux cas, tout s'accorde toujours en genre et en nombre.

Quand tout est un adverbe, il est le plus souvent invariable, quand il est placé devant un adjectif qualificatif ou un autre adverbe. On peut alors le remplacer tout à fait.

Exemples : Les spectateurs sont tout étonnés. (tout à fait). La salle est tout étonnée. L'orchestre joue tout doucement.

Quand l'adverbe tout est placé devant un adjectif féminin commençant par une consonne, il se met au féminin pour faciliter la prononciation.

Exemples : La brioche est toute froide. Les spectatrices sont toutes surprises.

Dernière possibilité : tout peut être un nom masculin singulier.
Je vous achète le tout. Cela forme un tout très agréable.

# Posté le dimanche 11 février 2007 08:42

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:16

16ACCORD DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF

16ACCORD DE L'ADJECTIF QUALIFICATIF
Même si ce n'est pas l'une des plus grosses difficultés de la langue française, l'accord de l'adjectif qualificatif pose parfois quelques problèmes. Ils sont généralement très faciles à résoudre avec un tout petit peu de réflexion. Il faut simplement bien voir à quoi se rapporte l'adjectif, quel est le mot, ou quels sont les mots qu'il qualifie.

Commençons par le plus facile :

L'ADJECTIF SE RAPPORTE A UN SEUL NOM

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte, qu'il soit adjectif épithète ou adjectif attribut.
Exemples :
La chemise verte contient les factures. (l'adjectif épithète verte est au féminin singulier comme le nom chemise).
La chemise qui contient les factures est verte. (l'adjectif attribut verte est au féminin singulier comme le nom sujet chemise).
Cette situation n'a rien d'habituel.[/c] (l'adjectif épithète habituel est au masculin singulier comme le pronom rien auquel il se rapporte).
Ils restent prudents. (l'adjectif attribut prudents est au masculin pluriel comme le pronom sujet ils).

A côté des mots qui appartiennent à la classe grammaticale des adjectifs qualificatifs, il y a des mots qui, grammaticalement parlant, ne sont pas des adjectifs qualificatifs mais qui sont utilisés comme tels :

Les participes passés employés comme adjectifs et les formes en -ant issues des participes présents suivent les mêmes règles d'accord.
Exemples
La chemise rangée dans le tiroir gauche contient les factures. (rangé est l'adjectif issu du participe passé du verbe ranger).
Cochez d'une croix la case correspondante. (correspondant est l'adjectif issu du participe présent du verbe correspondre).

Jusqu'ici, nous n'avons vu que le cas des adjectifs (ou assimilés) qui se rapportaient à un nom. Mais ce n'est pas toujours le cas.

Un adjectif peut parfois se rapporter non pas à un nom, mais à un verbe ou à un autre adjectif. Il a alors la même valeur qu'un adverbe et il suit des règles d'accord spécifiques

Exemple :

Cette option vous reviendra bien moins cher. (l'adjectif cher se rapporte au verbe reviendra ; il reste au masculin singulier).

ATTENTION !
L'attribut du sujet s'accorde même s'il précède le sujet. C'est souvent le cas de rare pour lequel on ne doit pas oublier de faire les accords.

Rares sont ceux qui y sont parvenus sans erreur.
(Dans cette phrase, le sujet n'est pas rares mais la proposition "ceux qui y sont parvenus sans erreur". Il s'agit ici d'un sujet inversé)

Certains noms servant à exprimer une couleur ont la valeur d'un adjectif. Mais il n'y a pas toujours accord. (On verra plus loin les règles d'accord des adjectifs et noms de couleurs)
Les vestes marron.

L'ADJECTIF EST EMPLOYE AVEC PLUSIEURS NOMS COORDONNES

L'adjectif qui se rapporte à plusieurs noms coordonnés par une conjonction telle que et, ou se met au pluriel.
Il est au masculin si l'un au moins des termes est au masculin.


Mon grand-père et ma grand-mère maternels. (grand-père est masculin, donc maternels est au masculin).
Sa tante et sa grand-mère maternelles. (les deux noms sont féminins donc maternelles est au féminin).

Il est possible, afin de ne pas répéter un nom au singulier, de l'exprimer une seule fois, mais au pluriel. Dans ce cas, les adjectifs, qui se seraient employés avec chacun des noms au singulier restent au singulier.

Mes grands-mères maternelle et paternelle (il n'y a qu'une grand-mère maternelle et qu'une grand-mère paternelle).

# Posté le lundi 12 février 2007 12:59

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:16

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# Posté le dimanche 15 février 2009 04:21

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:17

18 Yumeji's Theme - In the Mood for Love

# Posté le mardi 10 mars 2009 12:54

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:17

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PORTRAIT DE FEMME PEINT PAR LE PEINTRE AMERICAIN John Singer SARGENT
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# Posté le vendredi 12 décembre 2008 09:58

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:17

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UNE PETITE CURE DE PINK FLOYD

Wish you were here

# Posté le mercredi 04 mars 2009 04:01

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 10:17